Pourquoi Renault lance-t-il soudainement la production d’une supercar ?
« Une petite bêteen colère
En 2021, la presse mondiale s’enflamme lorsque Renault annonce le retour de l’emblématique « 5 ». Mais une surprise bien plus grande a suivi fin 2024 : la Renault 5 Turbo 3E allait également entrer en production. La Cinq de 540 chevaux passe de 0 à 100 km/h en trois secondes environ et atteint une vitesse de pointe de 270 km/h. Mais c’est surtout le design qui vole la vedette. Sandeep Bambra était coresponsable du design de la Renault peut-être la plus excitante de tous les temps.
« Lorsque nous avons commencé à dessiner les premières esquisses, la voiture était encore beaucoup plus étroite », se souvient M. Bambra. « Mais lorsque la technologie a pris le relais, la voiture s’est élargie. C’est alors que nous nous sommes dit : ça va vraiment être une bête !

Bhambra n’a pas eu besoin de beaucoup de persuasion pour lancer le projet. En effet, selon lui, c’est l’ancien directeur général Luca de Meo lui-même qui a suggéré l’idée d’une « petite bête en colère » qui ose affronter les supercars sur la piste. Et c’est réussi : la Turbo 3E a l’air impitoyable, avec des épaules extrêmement larges, des phares perçants et un diffuseur qui semble tout droit sorti d’une voiture de course.

Entre nostalgie et avenir
Le look rétro est évident, mais il ne s’agit certainement pas d’un simple remake. « Nous voulions conserver l’ADN de la Turbo originale, tout en construisant quelque chose de moderne », explique M. Bhambra. « C’est pourquoi nous avons opté pour des lignes épurées et une posture puissante.
D’un point de vue technique, la Turbo 3E est très différente de la précédente : elle est évidemment électrique et a la tenue de route d’une supercar moderne. Le châssis est entièrement nouveau et, sous la carrosserie, la Turbo 3E ne partage que peu de choses avec la Renault 5 électrique classique.

Pourquoi des phares carrés ?
Détail notable : les phares de la Turbo 3E sont plus anguleux que ceux de la Renault 5 standard. Pourquoi? « Nous avons d’abord essayé d’utiliser les mêmes phares que ceux de la R5 ordinaire, mais cela donnait à l’avant un caractère trop sympathique », explique M. Bhambra. « Cette voiture devait avoir l’air plus sérieuse. Les phares carrés ont été inspirés par la R5 Turbo d’origine.

Une évolution, pas une copie
Selon Bhambra, la nouvelle Renault 5 et la Renault 5 Turbo 3E constituent une étape logique dans l’histoire de la marque. « Si la Renault 5 n’avait jamais été retirée de la production, elle pourrait être la nouvelle génération », dit-il. « Une évolution semblable à celle de la 911. Et c’est exactement comme cela que Renault a abordé ce projet : comme une interprétation moderne, et non comme un spectacle rétro.

Look préféré
Quelle est la vue de la voiture que Bhambra préfère ? Il n’a pas besoin de réfléchir longtemps pour le savoir. « La vue arrière de trois quarts. Vous voyez alors ces larges épaules, l’habitacle compact et les sorties d’air – c’est vraiment devenu une bête de piste. »

Et si… ?
S’il le pouvait, voudrait-il prendre une autre icône sous son aile ? Bhambra reste prudent. « Nous avons encore beaucoup d’icônes – pensez à la Clio V6 ou à la Twingo RS. Mais il ne faut pas tout vouloir en même temps. Il faut d’abord bien terminer ce projet, puis nous verrons plus loin. »
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