« La recharge devient le ravitaillement en carburant » – Michiel Langezaal, PDG de Fastned, parle de l’avenir de la recharge
Fastned
Alors que dans la plupart des points de charge en Europe, vous n’allez pas plus loin qu’un chargeur rapide sur un sol en béton – avec un peu de chance sous un auvent – au nouveau site Fastned le long de l’E17 en Belgique, vous bénéficiez des mêmes facilités qu’un conducteur de véhicule à essence traditionnel.
« Ici, sur l’E17, nous avons pu redessiner l’ensemble de la station-service », insiste M. Langezaal, PDG de Fastned. « Vous n’avez pas à construire autour d’un magasin existant, mais vous avez carte blanche. Vous pouvez alors construire quelque chose qui montre à quoi ressemblera le chargement dans les 5 à 10 prochaines années : rapide, confortable et évolutif.
Et cela se voit : seize chargeurs rapides de 400 kW, des aires de chargement pour les camions et de nombreuses installations pour les voyageurs : un restaurant, une boutique, des toilettes, des douches pour les camionneurs, des postes de travail, toute une série de tables de pique-nique en plein air et une aire de jeux pour les enfants. En bref : enfin un endroit où vous pouvez faire pipi pendant le chargement, trouver un bon café et de la nourriture et vous détendre un moment. Cela semble simple, mais tous ceux qui chargent beaucoup savent à quel point c’est rare.

A1
L’ampleur et le luxe de Gentbrugge contrastent fortement avec ses débuts. En 2013, Fastned a construit sa première station de recharge sur l’A1 près de Barneveld. « Nous n’avions que quelques chargeurs », se souvient Langezaal. « Un chargeur CHAdeMO pour les modèles japonais de l’époque, quelques chargeurs AC et – très important – le tout premier chargeur CCS en usage public. À l’époque, il s’agissait encore d’un modèle bêta. Personne ne savait si cette norme allait s’imposer. Depuis, elle est devenue la norme dans toute l’Europe ».
Cette première génération de chargeurs fournissait un maximum de 50 kW, mais dans la pratique, on n’allait souvent pas plus loin que 30 ou 35. « Cela semblait rapide à l’époque, mais comparé à ce que nous faisons aujourd’hui, cela ne représente rien. L’industrie a fait d’énormes progrès depuis lors. Nous sommes passés de 50 à 150, à 300 et maintenant à 400 kW ».

Pourquoi l’échelle est essentielle
Le fil conducteur de la conversation est l’échelle. Les petites stations avec quelques chargeurs ne suffisent tout simplement pas. « Prenez l’exemple de Gentbrugge », explique M. Langezaal. « C’est l’une des autoroutes les plus fréquentées de Belgique, avec des millions de véhicules par an. Vous avez donc besoin d’une grande capacité de chargement. Et cela ne s’applique pas seulement ici : partout où il y a du trafic, il doit y avoir de grands hubs. C’est aussi le cœur de notre modèle d’entreprise. Nous construisons dans des endroits où il y a beaucoup de monde. Une station est alors utilisée de manière intensive dès le premier jour – et vous rentabilisez vos investissements. Il ne suffit pas d’éparpiller des poteaux ici et là, il faut des emplacements solides. C’est la seule façon de réussir la transition ».

La ville
Les chargeurs rapides le long des autoroutes sont une chose, mais M. Langezaal voit un autre domaine de croissance important : la ville. « Tout le monde n’a pas sa propre allée ou sa propre station de recharge. J’habite moi-même à Amsterdam. Là, je me rends souvent à un centre de recharge rapide pour me recharger rapidement. Les voitures se rechargeant de plus en plus vite, c’est la solution pour les citadins.
Cette vision est déjà visible à Gentbrugge. La gare est aménagée comme une véritable plaque tournante pour tous les types de voyageurs : automobilistes, camionneurs, familles et navetteurs. Les voitures avec caravanes peuvent également venir ici sans avoir à se déconnecter. Vous roulez encore à l’essence ? Dans ce cas, vous êtes le bienvenu pour une tasse de café, une pause pipi ou un moment de calme à l’une des nombreuses tables de pique-nique ou de travail. Les locaux sont bien sûr construits de manière durable avec des matériaux tels que le bois, fonctionnent en grande partie à l’énergie solaire et les toilettes sont alimentées par l’eau de pluie.



La politique doit venir avec
Le nouveau magasin phare de Fastned ne se trouve donc pas aux Pays-Bas, mais en Belgique. À quand notre tour ? Aux Pays-Bas, il existe déjà une feuille de route pour l’avenir, affirme M. Langezaal. « Le cabinet précédent a déjà écrit que les stations-service à énergie fossile devaient être progressivement supprimées dans la mesure du possible et que des concessions devaient être faites pour les stations de recharge. À l’expiration de ces contrats, les stations-service seront transformées en stations de recharge rapide. Les plans sont là, il faut maintenant les mettre en œuvre. Cette station à Gentbrugge est une vitrine : voilà à quoi cela peut ressembler si vous allez jusqu’au bout.
Pourtant, la politique de La Haye est actuellement dans l’impasse, souligne-t-il. « Peu de nœuds sont coupés. C’est dommage, car le temps presse. Si vous voulez avoir des stations comme celle-ci partout d’ici 2030, vous devez faire des choix maintenant. »

Charger comme si vous faisiez le plein ».
À quoi ressemblera son image de rêve dans dix ans ? Langezaal n’a pas besoin de réfléchir longtemps. « Cela dépend de l’emplacement, mais pensez à 8 à 40 chargeurs rapides (ou plus) par emplacement. Et des mégawatts de charge pour les voitures à grande échelle. La conduite électrique sera meilleure que le ravitaillement en carburant : tout aussi rapide, plus propre et plus facile.
Des pionniers à la multinationale
Fastned a commencé modestement, mais a connu une croissance régulière ces dernières années. Le compteur compte aujourd’hui plus de 375 stations dans neuf pays. « Nous sommes désormais l’un des trois premiers acteurs en Europe, aux côtés de Tesla et de Ionity ». Il y a douze ans, Fastned a installé sa première station de recharge. Aujourd’hui, il y a plus de 375 stations dans neuf pays, avec un investissement de près d’un demi-milliard d’euros et une équipe de 51 nationalités. « Pour moi, il s’agit encore d’un début », déclare M. Langezaal. « Il reste encore beaucoup à faire. C’est exactement ce qui rend la chose amusante. »
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